Conseils de David Mitchell & Robert Webb pour l’écriture de sketches

that Mitchell & Webb look

Faites en sorte d’avoir une idée avant de commencer. C’est inutile de s’asseoir devant une page blanche et de dire « Ok… ça pourrait être tout et n’importe quoi », « tout et n’importe quoi » n’est pas un brief, c’est de la boucherie cérébrale. Vous devez décider ce que vous allez écrire avant de l’écrire.

Un sketch a besoin d’une prémisse, une idée drôle qui est le cœur du sketch et qui lui donne sa raison d’être. Dès qu’un sketch commence, le public attend la prémisse et souhaite qu’elle soit bien apparente. Vous présentez un personnage ? Faites en sorte que les choses marrantes le concernant soient établies rapidement. Vous vous moquez de certains éléments de la vie moderne ? Présentez-les au début et sapez les rapidement.

Vous avez besoin d’un élément de surprise pour créer de la comédie, mais avant ça, vous devez faire en sorte que les gens soient à l’aise avec l’univers que vous exposez. Ici doivent être, pour citer les philosophes du guide du voyageur galactique, « rigidement définis les zones de doutes et d’incertitude ».

En gros, établissez le cadre d’abord, montrez clairement pourquoi c’est drôle, balancez une surprise et cassez vous.

Idéalement la dernière blague, ou la chute, devrait être le meilleur moment, néanmoins la triste vérité est qu’il y a plus de prémisses que de chutes.

Les sketches de comédie ne bénéficient pas de l’attachement du public à un personnage, c’est juste aussi drôle que ce qu’est la chute. Mais l’avantage c’est que l’on peut utiliser n’importe quel cadre, sujet ou situation. Il faut utiliser cet avantage pour avoir beaucoup de sketchs courts et contrastés. De cette manière, si le public n’aime pas un sketch, vous pourrez vite les reconquérir avec un autre.

Le comique et la réduction A.M.E. selon John Truby

Pour John Truby, la comédie est la description d’une séquence d’évènements dans lesquels les personnages sont réduits.

Comment réduire un personnage ?

Il y a 3 façons principales de le faire, le personnages est réduit en :

  • Animal
  • Machine
  • Enfant

Dans le comique Animal, le personnage est réduit à un animal. Le personnage joue des mêmes attributs basiques qui les animaux, Toutes les blagues un peu crades, l’humour pipi caca… c’est du comique animal.

Dans le comique Machine, le personnage est réduit à une machine. Le personnage agit comme un objet ou une machine. Le personnage ne réagit pas assez à une situation donnée, il n’est pas assez émotif par rapport à ce que la situation devrait exiger. Ils minimisent la situation.

Dans le comique Enfant, le personnage est réduit à un enfant. Le personnage se comporte comme un enfant. De façon plus générale c’est quand le personnage réagit a une situation de façon exagérée avec une émotion plus forte que cela ne devrait. Il sur-réagit à ce qui se passe (ex panique).

Ces trois formes basiques de comique sont la base de la comédie.

Le public doit immédiatement identifier qui est réduit et comment.

La comédie et les 4 niveaux de conflits

Si la comédie est confrontation, collision… Les quatre niveaux de conflits permettent de vérifier qu’on a bien été cherché tout ce qui était possible pour créer du rire (merci Voytilla et Petri). Règle : Essayer d’avoir le maximum de niveaux de conflits !

  1. Conflit intérieur : Il s’agit du rapport conflictuel du personnage avec ses faiblesses (Immaturité, égoïsme, maladresse, hypocondrie, émotivité, radinerie, manque de confiance en soi…)
  2. Conflit interpersonnel : Il s’agit du rapport conflictuel du personnage avec l’autre. Il a besoin qu’un autre personnage lui donne quelque chose, lui permette d’obtenir quelque chose…
  3. Conflit global : Il s’agit du rapport conflictuel du personnage avec le monde extérieur – la société (conflit avec l’école, l’armée, la police, la loi… parfois représentés par un individu, policier, instituteur, militaire, avocat, juge…) – une situation (un lieu, un évènement…) – la nature (vent, pluie, sécheresse, ouragan…).
  4. Conflit cosmique : Il s’agit du rapport conflictuel du personnage avec les forces cosmiques (dieu, diable, destin, temps…).

 

 

Suspense et surprise créent le rire

Le rire nait de la surprise créée par un évènement inattendu.

Soit en trois temps :

  1. Mise en place d’une situation, d’un élément narratif
  2. Renouvellement de la situation initiale, de l’élément narratif afin de créer un schéma récurrent. Cette récurrence induit le spectateur à une attente narrative en cohérence pour la suite.
  3. Le troisième temps n’est pas ce à quoi le public s’attend. Cette surprise crée le rire.

Soit en deux temps

  1. Amorce (qui crée une attente auprès du public)
  2. Chute comique (l’inattendu crée le rire)